La candidature des Alpes françaises pour accueillir les jeux olympiques d’hiver en 2030 suscite des réactions contrastées dans le département des Hautes-Alpes. D’un côté, les élus qui portent ce projet y voient une opportunité majeure pour le territoire. De l’autre, des citoyens inquiets pointent l’impact économique et environnemental de l’événement. Dernièrement, ces divergences se sont cristallisées autour des propos du sénateur Jean-Michel Arnaud, lors de la cérémonie des vœux de l’Association des maires de France (AMF), et ont abouti à une lettre ouverte du collectif citoyen jop 2030. En parallèle, le président du Département, Jean-Marie Bernard, a profité d’un récent éboulement en Savoie pour relancer la demande de sécurisation des accès routiers, dont le coût global est estimé à 200 millions d’euros.
Des déclarations qui font réagir
Le 30 janvier, Jean-Michel Arnaud, sénateur des Hautes-Alpes et président de l’antenne départementale de l’AMF, s’est exprimé sans détour sur la candidature aux jeux olympiques 2030. Il a déclaré qu’il ne comptait pas « se laisser terroriser par quelques activistes » opposés au projet, en soulignant que ces derniers avaient le droit de s’exprimer mais qu’il considérait les jo comme une ambition incontournable pour le territoire.
Ce discours a immédiatement fait réagir les citoyens visés, qui se sont reconnus dans le terme « activistes » sans être directement nommés.
Un collectif qui propose le dialogue
Face à ces propos, le collectif citoyen jop 2030 a publié, le 3 février, une lettre ouverte adressée au sénateur. Regroupant des habitantes, habitants et contribuables, ce mouvement milite pour une information plus précise sur les enjeux économiques et environnementaux de la candidature olympique.
Dans cette lettre, les opposants rappellent qu’il n’est pas nécessaire d’attendre l’organisation des jeux pour améliorer la desserte ferroviaire et les infrastructures dans les Hautes-Alpes. Ils invitent également Jean-Michel Arnaud à échanger autour du projet, en soulignant que les habitants et les contribuables seront les premiers concernés par les retombées financières et l’impact sur le territoire.
Des infrastructures à sécuriser
En parallèle de cette controverse, le Département des Hautes-Alpes, par la voix de son président Jean-Marie Bernard, a interpellé l’État à la suite d’un important éboulement sur la rn 90 en Savoie, survenu le 1er février. Celui-ci a provoqué de lourdes perturbations d’accès aux stations de Tarentaise, mais les travaux rapides ont montré qu’une mobilisation collective peut débloquer des moyens conséquents en un temps record.
Le président du Département espère obtenir le même engagement pour sécuriser les routes haut-alpines, dont plusieurs portions sont particulièrement exposées aux éboulements et risques de chutes de blocs. Des épisodes passés, comme les fermetures prolongées liées au tunnel du Chambon ou au Pas de l’Ours, restent en effet très présents dans les mémoires.
Un plan de 200 millions d’euros
Sur la rd 1091, qui relie Briançon à Grenoble, plus de la moitié du tracé est considérée comme vulnérable. Le Département consacre déjà 27 millions d’euros à la requalification de la galerie de la Marionnaise, mais d’autres points critiques, comme le tunnel des Ardoisières qui pourrait nécessiter un deuxième tube, doivent encore être traités.
Au total, les actions de sécurisation réclamées par les Hautes-Alpes à l’horizon 2030 sont chiffrées à 200 millions d’euros. Pour mener à bien ces travaux, le soutien de l’État et des partenaires locaux est jugé indispensable, d’autant plus que ce plan est étroitement lié à la perspective d’accueillir les futurs jeux olympiques d’hiver.
Voici un aperçu non exhaustif des principales actions prévues et des montants estimés :
| Action | Montant estimé (en millions d’euros) |
|---|---|
| Requalification de la galerie de la Marionnaise | 27 |
| Doublement du tunnel des Ardoisières | Non précisé |
| Zones à fort risque de chutes de blocs | Non précisé |
| Plan global de sécurisation sur 5 ans | 200 |
Alors que la candidature aux jo 2030 continue de faire débat, la question de la sécurisation des routes et des infrastructures demeure un enjeu majeur pour les élus et les habitants. Les prochains mois diront si les différentes parties parviendront à un terrain d’entente, alliant ambitions sportives et réalités locales.